le grand plongeon

Le grand plongeon

La spiritualité, c’est souvent les pieds dans la merde qu’elle s’apprend, ou qu’elle se rencontre.

Oui il y a les livres de sagesse, oui il y a les grands enseignements, et oui ils sont très importants. Mais ils viennent après, quand ton quotidien t’a tellement fait chier, t’as tellement poussé à bout, t’a tellement mis à mal, t’as tellement fait souffrir, que bingo, y a possibilité d’ouverture sur le divin. Encore faut-il la saisir… car la douleur on connaît tous, mais l’abandon à l’inconnu plus grand que soi a toujours foutu les jetons à tout le monde.
Et j’évacue ici tout de suite tout amalgame foireux (attention le lexique scato est très présent, il sert mon propos), quand je parle de divin, je ne parle pas d’aller à l’église ou toute autre lieu de culte, loin de moi cette idée, j’y ai passé tous les dimanches de mon enfance contrainte et forcée et je peux vous dire que je n’ai rencontré personne.

Le divin dont je parle est celui qu’on découvre au cœur de la tourmente, de notre propre merde interne… C’est celui qu’on porte en nous.

Cette petite loupiotte au fond de nos cabinets obstrués qui dégagée, éclairera ton chemin comme jamais.
Celui encore invisible à tes yeux. Celui où tu seras enfin toi, libéré des déchets du passé. Cette lumière est en chacun de nous et c’est ce qui nous relie tous. Humains, animaux, végétaux, minéraux, cosmos, tout le tintouin. Mais pour la trouver, il faut vidanger…

Ce qui donne le go, celui qui fait que tu n’as plus peur de te salir, ou plus le choix, c’est de se sentir profondément « dé-relié » justement. Plus rien n’a de sens. Et quelle meilleure période que l’actuelle que nous vivons où on ne peut même plus toucher et embrasser les gens qu’on aime, nos intimes, les derniers qui avaient encore le droit de rentrer dans nos forteresses sécurisées et aseptisées.

Cette période où pour prendre l’air, on met un masque…

Plus d’autre choix que de se salir, non ? Mais pas de panique, c’est notre merde perso qu’on devra aller visiter. Et une fois sorti de là, t’es propre comme un sous neuf, immaculé ! La loupiote à la main, tu peux commencer à entamer ton chemin, elle te guidera. Je conseille quand même de prendre un petit baluchon parce que ça ne se fait pas en un quart d’heure. Certes la loupiote nous guide mais c’est nous qu’on marche, pas après pas. Faut un peu se sortir les doigts.

Car tout est à refaire, chaque pas est neuf lui aussi. Tes comportements, ton rapport aux autres, à toi-même, tout se redessine et s’expérimente à nouveau. Et pas de sites internet rassurants pour te conseiller quelle étape ou relais hôtel choisir puisque que personne d’autre que toi l’a testé ce chemin-là, c’est le tien et le tien seul. Ça peut faire peur, mais est-ce que ce n’est pas extrêmement excitant aussi ?

Dans un monde où tous les lieux de la planète ont été explorés, c’est bien au cœur de nos êtres la dernière grande aventure !

En plus la bonne nouvelle, c’est que tu peux être accompagné. C’est toi qui trace ta route mais ça n’empêche pas le soutien, il est autorisé et même conseillé ! Donc ne pas se perdre sur ce chemin en restant dans une cachette trop confortable par exemple, car les autres auront besoin de toi. Tout comme la lecture seule des grands textes ne suffit pas, le voyage en solo pour sa poire ne permettra pas de faire ancrer tout ça dans la matière.

Or c’est bien de ça qu’on a besoin maintenant, d’ancrer cette spiritualité sur Terre. Donc en chacun de nous. De créer une onde.

Alors merci bien ceux qui partent vivre dans les montagnes coupés de tout le monde, vous n’aiderez pas des masses à faire avancer le schmilblick. Où alors faites votre expérience, changez-vous en profondeur loin de tous, car c’est vrai qu’en plein cœur du tumulte c’est parfois difficile d’entendre son être intérieur, mais revenez au moins aider les petits copains sur le terrain. Tous ceux qui sont encore sur le chemin et qui tiennent leur loupiote en tremblant. Ou pire, ceux qui sont plongés en plein cœur de la merde et qui étouffent.

Le monde a besoin d’éveilleurs pour déblayer les routes et vidanger les chiottes.

Car la merde accumulée est grande. Celle des autres, la nôtre, tout est bouché. On en a tellement bouffé, avalé, gavés depuis tant d’années, qu’il faut se serrer les coudes pour évacuer. De nos systèmes d’abord, de nos toilettes ensuite. D’où l’intérêt de revenir des hauts sommets ou des lieux isolés (sinon vous êtes rien que des planqués), et de partager ce que vous avez déjà digéré, votre expérience transformée, prémâchée, digeste. Enfin du beurre dans les épinards pour nos petits microbiotes détériorés ! Et avec un intérieur restitué on aura enfin la place pour ancrer en nous les nouvelles énergies dont le monde a réellement besoin.

Et c’est là que les grands textes refont surface… Ayant moi-même passé des heures et des heures sur le trône, je peux vous dire que c’est aux commodités que se passe les meilleures lectures spirituelles. C’est LE lieu de la métamorphose, là où tu transformes l’ombre en lumière. Pour peu que tu saches y faire, tu deviens alchimiste à chaque commission !
Mais je vous laisse trouver votre voie à vous, c’est important.

Conclusion, les expériences merdiques nous font grandir, alors je remercie ma famille pour tout ce qu’ils ont fait pour moi.

(Et je prie pour que ce soit la course aux toilettes très prochainement. Les grands maîtres apprécieront.)

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