La déserteuse

La déserteuse

L’homme blanc, ce vaillant conquérant…

Celui qui a voulu nous faire croire pendant des siècles qu’il était le sauveur, le connaisseur, le garant de la morale, du savoir-faire, du savoir-vivre, du contrôle absolu de tout et partout, et qui n’a fait qu’imposer sa domination en retenant le monde en otage et taire tout ce qui n’était pas lui. Cela dit, même les pauvres malheureux de ses rangs qui lui ressemblent traits pour traits ont dû la fermer. Pire ! Ils ont dû subir la comparaison en silence sans avoir rien à voir avec lui. Alors pour clarifier mon propos je donnerai un petit surnom à celui dont il est vraiment question ici : l’imposteur (ce vaillant conquérant).

Je suis née en France, en Europe, au cœur de la civilisation de l’imposteur. J’en fais partie intégrante. Pourtant, mon âme est ailleurs, elle l’a toujours été, et j’ai été divisée en deux toute ma vie sans trop comprendre pourquoi.
Ça émerge seulement maintenant, à 37 ans. Je commence à comprendre, à ressentir, à mettre des mots.

L’imposteur pense avec sa tête, et la nature est hors de lui. Je pense avec le cœur, et le vivant est mon égal.

Je suis chien, je suis louve, je suis colibri, je suis arbre.

Issue de la civilisation de l’imposteur, j’ai dû en adopter les codes, les comportements, du moins c’est ce qu’on attendait de moi, comme tout un chacun issu de cette même civilisation. Mais ce ne sont pas les miens. Les miens sont ceux des peuples dits primitifs. Sans avoir aucune racine commune avec eux, mon âme est pourtant bien des leurs. Car chez eux, elle fait partie de ce grand Tout qui nous interconnecte tous, dont l’imposteur s’est désolidarisé.
Et en se désolidarisant avec son ambition conquérante, il a gagné du terrain et imposé au monde sa vision comme étant la bonne. Ceux qui pensent avec le cœur sont ridiculisés, méprisés, rabaissés, or il me semble que ce sont eux qui sont dans le vrai.

Car l’imposteur qui se dit si ‘‘connecté’’ n’habite plus ce monde depuis longtemps. En se désolidarisant il en est devenu un parasite qui le ronge. A quel moment la vérité sera rétablie ? Comme dans un film où durant la quasi-totalité de l’histoire c’est le bad guy qui a le dessus, qui fait sa loi, que tout le monde suit et subit, on n’attend qu’une chose, sa chute. Je suis cette spectatrice qui attend la chute de l’imposteur. Il entraîne tout le monde avec lui dans sa folie mais il se targue de la maîtriser en lui. Ah ça, l’imposteur aime faire penser qu’il se contrôle et se maîtrise. Mais il ne me dupe plus et je suis loin d’être la seule. Avec lui au pouvoir, la folie y est aussi. Elle imprègne toute sa société, car qui peut être sain d’esprit en étant dissocié de lui-même à moitié ? De cette part animale qui fait de lui une espèce à part entière. Il pense que son microscope l’en éloigne mais il ne l’éloigne que de lui-même.

Imposteur, sache que je suis issue de ton monde, mais je renie ma patrie. Je déserte !

Je n’irai plus au combat pour toi, pour tes valeurs qui me réduisent, moi femme, au rang de sous fifre bonne à engendrer d’autres petits imposteurs dans ton style. Si c’est ainsi je préfère ne pas créer la vie. Mais comme je trouve le projet magnifique, je ne me priverai pas pour toi. Sache cependant que mes enfants seront des êtres de la Terre, rien avoir avec toi. Ils comprendront l’interconnexion entre les choses, entre tout ce qui est.

Tu es un homme blanc, ce seront de petits hommes verts.

Fils et filles des arbres !

Les aliens que tu cherchais si loin et dont tu avais si peur, je t’informe qu’ils sont bien là. Mais parmi tes semblables. Les arbres pour soucoupes volantes ! (Est-ce pour cela que tu les abats si frénétiquement ?) Tu avais raison d’en avoir peur en tout cas, car c’est eux qui mettront fin à ton règne. La menace ne vient pas toujours d’où l’on croit…

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