Au milieu des fantôme épisode 7

Au milieu des fantômes – épisode 7

Fiction sonore, en 14 épisodes de 4 à 8 minutes, Au milieu des fantômes est un polar d’une durée totale de 1h23.

Avec Coralie Huché, Ségolène Basso Brusa, Yoann Milin, Nicolas Six, Jonathan Durand, Gauthier Andres, Stéphanie Gerthoffert, Paty Cáceres, Michel Picot, Julie Lebowski, Olivier Gonord et Alexandre Molitor.

Ecrit et réalisé par Jérémy Durand. Musique par Olivier Gonord. Moyens de production : JDcarre – www.jdcarre.fr.

Ecrit entre avril et décembre 2017. Enregistré de janvier 2018 à septembre 2018. 1ère diffusion : juin 2019.

Ecouter / lire l’épisode précédent

Ecouter / lire l’épisode suivant

Au milieu des fantômes

Episode 7

SEQ 1

Le soleil se couche sur ce vendredi 17 avril. CLEMENCE entre dans un petit appartement au 16ème étage d’une tour de verre et d’acier. ABYGAELLE pleure sur le canapé. La climatisation est coupée, il fait chaud. CLEMENCE considère ABYGAELLE quelques secondes, en silence, et décide qu’un verre de vin leur fera du bien.

CLEMENCE (pour elle-même)
Journée de merde, on va s’en boire un bien.

Elle n’y connaît rien, mais la bouteille qu’elle débouche a couté presque 50 balles, c’est qu’elle doit les valoir. Et en même temps, qu’est0ce que ça vaut 50 balles quand une villa au soleil les attend à quelques pages de calendrier.

CLEMENCE
Tiens le coup ma chérie, on va y arriver.

ABYGAELLE (elle prend une profonde inspiration)
Je ne sais pas comment tu fais pour tenir. J’ai été convoquée par DE TUDELE. Ses menaces sont de moins en moins voilées…

CLEMENCE
Je me suis faite traitée de « bouc0émissaire » par un flic ce midi. On dirait que tout le monde est au courant, que c’était évident dès le départ que nous n’étions que ça. Alors que nous, on a mis quoi ? Deux ans ? Trois ans à le comprendre ?

ABYGAELLE
On aurait dû se barrer bien avant. Avant que la merde éclabousse.

CLEMENCE
Encore eut-il fallu savoir quand la merde allait éclabousser.

ABYGAELLE
Tu as encore eu la visite de la police ?

CLEMENCE
Par rapport aux meurtres des journalistes. On n’avait vraiment pas besoin de ça.

ABYGAELLE
Les dossiers que j’ai planqués, il faut les donner aux flics. On les envoie par la poste, par coursier, ou je ne sais quoi. Dedans, y a les noms qu’ils cherchent, y a plein de trucs. Ça va foutre le bordel et nous on en profite pour se barrer.

CLEMENCE
Je ne sais pas. Parce que c’est notre assurance vie ces dossiers. Sans eux, ça fait longtemps qu’on serait nous aussi au fond du canal, tu ne crois pas ?

ABYAGELLE
Pour l’instant, il semble toujours croire que ce n’est pas moi qui les ai, qu’on se les ait fait voler au bureau, comme tu m’avais dit de dire.

CLEMENCE
Mouais. Ce porc de DE TUDELE… Ca m’étonnerait qu’il nous aide par générosité. Il sait que si ces dossiers sont rendus public, il tombe. Et en attendant de les retrouver, il garde sous la main tous les suspects. Il ne t’a pas cloitrée ici pour te prouver sa confiance.

ABYGAELLE
Je peux pas entendre ça, désolé. J’ai besoin d’un truc auquel me raccrocher, une porte de sortie. Je ne vais pas y arriver si tu me dis des trucs comme ça.

CLEMENCE
Hey ! Chérie ! Je sais. Mais faut être réaliste sinon on va faire une connerie.

SEQ 2

GUS entre dans une salle de rédaction en pagaille, qui cherche à boucler sa première édition sans son rédacteur en chef historique. Personne n’a encore remplacé officiellement RAYMOND, personne ne sait si le Courrier Républicain résistera. Dans le monde de l’actionnariat, les capitaines ne sont pas à bord, les décisions sont prises ailleurs, en d’autres temps, en d’autres réalités que celle de la cinquantaine de salariés qui s’agite ici. Et tandis qu’ils continuent à faire le boulot du mieux possible, d’autres décideront de leur sort quand l’envie leur prendra.

GUS peine à se présenter et se faire indiquer le bureau de RAYMOND. Celui d’ARCHIBALD n’avait hier presque rien dit, il mise sur celui0ci maintenant qu’il en a l’autorisation. Le temps que l’ordinateur démarre, il lit les post0it éparpillés, feuillette les dossiers qui traînent. Peu de chance d’y trouver de quoi avancer, mais sait-on jamais. Si comme l’évidence le laisse penser tout est lié à MixMédia, les informations récoltées par les journalistes sont trop sensibles pour traîner sur le bureau. Il doit y avoir un coffre. Il ouvre un tiroir, puis un second. Il sourit en pensant à un double fond, astuce d’adolescent qui planquerait du porno. Et pour aller au bout de l’idée, il regarde de près, démonte, vide, retourne et secoue chaque casier. Sous le troisième, quatre chiffres écris au marqueur : 03/10 : il y a donc bien un coffre. Il ouvre l’armoire au fond de la pièce.


Sur le côté pendent deux costumes gris et cinq chemises. Dans un tiroir : quelques paires de chaussettes, des cravates et des slips. Un petit lavabo dans le coin opposé, surmonté d’une tablette où il trouve : une brosse à dent, du dentifrice, du déo, un flacon de parfum et du savon. GUS a tout ça aussi dans son bureau ; pour les journées qui empiètent sur celle du lendemain. Pour les soirs où vivre à deux depuis vingt ans devient trop compliqué.

Sous le lavabo, GUS trouve ce qu’il cherche. Il entre la combinaison, 03/10, valide, et la porte s’ouvre.

SEQ 3

La porte s’ouvre sur une grande pièce à l’ambiance feutrée. Face à ELEA, un comptoir et un MAITRE D’HOTEL. Après le boulot, elle avait décidé d’aller voir ce qu’il y avait au 260 boulevard Louise Michèle, dont elle avait relevé l’adresse dans le carnet d’ARCHIBALD. Et quelle n’a pas été sa surprise en arrivant devant la Maison des Ecrivains et de la Littérature. M/E/L. MEL. Ce qu’elle avait pris pour une personne était un club privé tout droit sorti de l’Angleterre victorienne.

MAITRE D’HOTEL
Bonsoir Madame. Vous aviez rendez-vous ?

ELEA
Heu non. Je m’appelle… ELEA BRICIANT…

Elle n’a plus utilisé ce nom depuis des années. Elle se souvient avec satisfaction du jour où il a été supprimé de sa carte d’identité.

MAITRE D’HOTEL
Toutes mes condoléances madame.

ELEA
Merci… Je ne savais pas qu’ARCHIBALD était membre, je l’ai découvert en rangeant ses affaires. J’ai vu notamment qu’il venait régulièrement ces derniers temps.

MAITRE D’HOTEL
Oui, monsieur BRICIANT était membre depuis le mois de décembre. Comme la plupart d’entre eux, il venait plusieurs fois par semaine.

ELEA
Savez-vous pour quelle raison en particulier ?

MAITRE D’HOTEL
Eh bien pour raisons professionnelles ou festives, monsieur BRICIANT appréciait particulièrement notre Lagavulin 25 ans d’âge.

ELEA
Je vois. Savez-vous s’il rencontrait une personne en particulier ?

MAITRE D’HOTEL
J’ai peur madame de ne pouvoir vous informer sur nos adhérents.

ELEA
Je comprends. C’est juste que… s’il était sur un projet en particulier avec quelqu’un ici, je pensais que cette personne pourrait m’en parler.

MAITRE D’HOTEL
Toutes mes excuses madame, mais je ne peux vous renseigner.

ELEA ne passerait pas le cerbère mais savait que, Lagavulin ou non, cet endroit n’était pas le genre d’ARCHI. Qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre ici ?

Au milieu des fantômes – Episode 7 sur 14.

Ecouter / lire l’épisode précédent

Ecouter / lire l’épisode suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.