Au milieu des fantôme épisode 13

Au milieu des fantômes – épisode 13

Fiction sonore, en 14 épisodes de 4 à 8 minutes, Au milieu des fantômes est un polar d’une durée totale de 1h23.

Avec Coralie Huché, Ségolène Basso Brusa, Yoann Milin, Nicolas Six, Jonathan Durand, Gauthier Andres, Stéphanie Gerthoffert, Paty Cáceres, Michel Picot, Julie Lebowski, Olivier Gonord et Alexandre Molitor.

Ecrit et réalisé par Jérémy Durand. Musique par Olivier Gonord. Moyens de production : JDcarre – www.jdcarre.fr.

Ecrit entre avril et décembre 2017. Enregistré de janvier 2018 à septembre 2018. 1ère diffusion : juin 2019.

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Au milieu des fantômes
Episode 13

SEQ 1

Une salle d’examen aux murs jaunes. L’interne demande pour la troisième fois à GUS de sortir pendant qu’elle suture la tempe d’ELEA. Il répond pour la troisième fois que ça ne risque pas.

GUS
Pourquoi t‘as pas appelé ? Et si il avait eu un complice qui l’attendait dehors ?

ELEA
Je sais pas, j’ai paniqué, je ne pouvais pas rester. Il est … ?

GUS
Mmh… désolé.

ELEA
Non bah j’ai un peu tout fait pour en même temps. Quand il a défoncé la porte, j’étais dans la cuisine, il s’est précipité sur moi, j’ai pris le 1er truc qui venait…

GUS
Je sais, ne t’en fais pas. Il était fiché, un gros bras à louer. Ce n’était pas une visite de courtoisie. J’avais peur que ça arrive après mon agression d’hier. J’aurais dû te faire surveiller. On t’a vue partout, avec moi, avec le… (il se racle la gorge) le scénariste…

ELEA
Quoi ?! Y’a un problème avec AUGUSTIN ?

GUS
Mmh… Après que tu sois partie de chez lui semble-t-il. Les deux agents qui étaient en place sont en soins intensifs, lui ne s’en est pas sorti.

ELEA
Mais… c’est quoi ce bordel ?!

GUS
On a piqué des trucs dans mon bureau. Je ne comprends pas. L’affaire est quasiment bouclée, les bouc-émissaires sont tombés, pourquoi ça s’agite encore ? Bref ! J’y retourne. La commissaire Ericson cuisine le patron de MixMédia, j’aimerais entendre ça. Je te laisse des gars pour le « sait-on jamais ». Ne quitte pas l’hôpital.

SEQ 2

Devant le commissariat, une foule de micros, des caméras, une ambulance. GUS ne s’étonne pas. L’ambulance vient presque tous les jours. Les journalistes sont là pour MixMédia. Il se fraye un chemin jusqu’à l’entrée, sans commentaire. Il y aura un point presse en fin de journée. Comment expliquer l’étranglement de sa suspecte en plein commissariat ?

GUS
Comment ça ?

Il court, il entre, on lui explique. Comme disent les médias aujourd’hui ; probablement parce que ça fait chic, ce petit côté professionnel de santé ; le pronostic vital est engagé.

GUS
Qui la surveillait ?! Où était-elle ?! Avec quoi ?! Comment ? Bordel, y’a des caméras de surveillance partout ! Trouvez-moi les vidéos ! C’est quoi encore que ce merdier ?…

SEQ 3

Sur les images, on ne voit rien. Non pas que les caméras n’aient pas cherché à filmer, mais, comme un fait exprès, il y a toujours quelque chose ou quelqu’un devant. Dans le bureau du maire, ABYGAELLE, en larmes, coupe la télé.

MICHEL
Pas de panique, pas de panique. A tous les coups, c’est une mise en scène des flics. Ce ne serait pas la première fois. C’est pour vous débusquer, ne tombez pas dans le panneau. Ecoutez, tout ça va trop loin, et vous n’avez pas les épaules. Je sais que c’est vous. Donnez-moi les dossiers que vous avez planqués et je pourrais accélérer les choses. Il est grandement temps de vous montrer raisonnable, ABYGAELLE.

Elle pleure, vidée. Elle n’a pas la force de répondre, pas la force de le regarder, pas la force de le haïr. Mais ça viendra. Quand la stupeur aura fait place à la colère, elle ne sera plus raisonnable. Plus raisonnable du tout. MICHEL soupire et sort pisser. Si elle doit agir, c’est maintenant qu’elle est seule dans le bureau. Mais faire quoi ? Se bouger, ne pas réfléchir, on verra bien. Quand MICHEL revient, elle ne pleure plus.

MICHEL
Etes-vous calmée ? Avez-vous réfléchi ?

ABYGAELLE (elle prend une profonde inspiration)
Quand vous dites « accélérer les choses » ?

MICHEL
Hé bien, vos passeports à CLEMENCE et vous. Je peux même vous conduire personnellement à l’aéroport, vous accompagner jusque dans l’avion. Avec moi à vos côtés, on ne viendra pas vous embêter.

ABYGAELLE
Vous auriez pu nous faire partir depuis longtemps…

MICHEL
Pas vraiment, non. Les passeports, je ne les ai que depuis une semaine. Et quand bien même, mon nom est mentionné sur des papiers qui aurait dû être broyés, mais qui se baladent dans la nature. Qu’est-ce que vous imaginiez ? Que j’allais laisser s’envoler ma principale suspecte ? Vous avez été prise à votre propre piège ma petite dame. C’est la cour des grands ici, les enfantillages se payent chers.

ABYGAELLE se lève, décidée. Elle pointe le Remington 1911 sur MICHEL.

MICHEL
Vous n’écoutez pas… Fouiller mon bureau, me menacer avec mon propre revolver… Je viens de vous le dire : les enfantillages se payent chers.

ABYGAELLE
Avec vous à mes côtés, personne ne viendra m’embêter, c’est ça que vous avez dit. Alors vous m’accompagnez. On va à l’hôpital, on va voir CLEMENCE.

MICHEL
Vous déconnez à plein tube. L’hosto va grouiller de flicaillons.

ABYGAELLE
Ferme ta putain de grande gueule et obéit ! Voiture, hôpital, CLEMENCE. Fallait y penser avant, fallait nous laisser partir avant qu’on vous pète entre les doigts.

MICHEL
Bien. Bien bien bien. Vous n’êtes pas qu’une geignarde finalement.

La situation prend un tour inattendu et ça l’amuse. Victime d’un kidnapping, un rôle qui arrange monsieur le maire. Il sera plus facile de crier au complot si son nom venait à fuiter. Mieux encore ! Avec un peu de chance, ni la comptable ni l’assureuse ne sortiront vivantes de l’hôpital, et les preuves à son encontre seront perdues. Alors il obéît.

SEQ 4

Quitter l’hôtel de ville au bras d’ABYGAELLE, le canon de son revolver au creux des reins, n’alerter personne. Il n’a pas peur, il en a vu d’autre. Elle a d’avantage d’efforts à faire pour ne rien laisser paraître. Le cœur brisé, inquiète, paniquée, terrifiée. L’adrénaline ne suffit plus tout à fait à la tenir.

Encore une fois il avait raison : une poignée de flics sur le parvis de l’hôpital, probablement plus à l’intérieur, probablement une paire au chevet de CLEMENCE. Sur ce même parvis, contre avis médicale, ELEA fume une cigarette et regarde médusée la comptable et le maire entrer bras dessus, bras dessous. MICHEL joue son rôle, écarte les gêneurs d’un sourire, évite les questions d’un geste de la main. ELEA chope son téléphone et envoie un sms à GUS :

ELEA
Ramène tes fesses à l’hosto, la comptable vient de débarquer… avec le maire.

Au milieu des fantômes – Episode 13 sur 14.

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